JEAN-PIERRE VIOT

 "Discret, amical, attentif, Jean-Pierre Viot est une figure centrale dans la céramique française. (...) La recherche de Jean-Pierre Viot se résume en deux mots : rigueur dans la construction mais sensibilité dans la forme et la matière. Alors que le premier terme se prête aux évidences de l’abstraction, le second est censé leur tourner le dos. Vieux débat, apparente contradiction, éternel combat entre les classiques et les romantiques, ceux-là persuadés que la rigueur engendre une plus pure émotion, ceux-ci persuadés que l’ivresse dionysiaque, ou le simple respect Zen de la nature ont un chant autrement plus authentique. Jean-Pierre Viot s’efforce de résoudre cette opposition, de proposer une synthèse et nous montre, sinon démontre que c’est possible. J’imagine que le travail, la découverte de la terre, celle du potier qui va subir tant de métamorphoses depuis les murs vivants des excavations de la carrière jusqu’aux certitudes de l’essentielle poterie tournée et figée par le feu, a pu orienter sa démarche. Dans ses tout premiers travaux il fut confronté à l’architecture et ce choix fut de lui apporter l’hypersensibilité de l’argile comme livrée à elle-même. Ses murs, ses fontaines, ses sculptures auraient paru, si la technique l’avait permis, sortir droit du sol juste érodés par les pluies et les soleils. Mais, sous cette gestuelle, la construction, pour naturelle qu’elle semblât était présente. (…) Jean-Pierre Viot est lucide et seule une grande maîtrise peut justifier une telle ambition. Il joue ce jeu subtil du construit déconstruit suggérant, ses œuvres s’efforcent d’éluder les référents brutaux. (…) On se trouve devant des objets en quelque sorte revenus au naturel qui, au-delà de leur solidité, de leur construction, de leur architecture, vont permettre au spectateur la formulation d’une réponse personnelle, d’une participation au dialogue proposé. 
Jean-Pierre Viot, aussi à l’aise dans les petites dimensions que dans les grandes, sait les agrémenter de graphismes, de signes, de griffures, de soudaines épaisseurs d’émail qui en accusent le caractère organique sous-jacent. Comme le souligne Haguiko, au-delà de l’objet lui-même, il travaille sur un sujet qui n’est autre que l’espace engendré par celui-là, un peu comme le musicien est conscient du volume où s’épancheront les fluides sonorités auxquelles il a donné naissance et forme. (…) Le travail de Jean-Pierre Viot évoque une sérénité conquise. »

 

Robert Deblander

Table basse, grès émaillé, 2018.

H : 32, 5 x 63 x 115 cm / 13' x 45' 1/3 x 25' inches.

5000 €

Applique II, grès émaillé, 1976.

H : 66 x 46 x 13 cm / 26' x 18' x 5' inches.

3000 €

Applique II, grès émaillé, 1976.

H : 66 x 46 x 13 cm / 26' x 18' x 5' inches.

3000 €

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